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22. Dépression

Ceci est un texte totalement décousu écrit de manière totalement improvisé. Quand à l’image, il s’agit d’un dessin que j’ai fait moi-même, c’est Shikieiki Yamaxanadu du jeu Touhou Project, développé par ZUN. Et c’est cool.

Shikieiki Yamaxanadu

Hefka reste chaton hardcore et Hefka frappe encore
Encore un texte que j’écris pour tout le monde
Mais tout le monde n’est pas comme tout le monde
Pourtant tout le monde veut imposer son opinion
Ton opinion se perd en pleine overdose d’informations
Des informations, y’en a partout, je ne sais plus quoi en faire
Enfer ? En fait l’Enfer, c’est le second nom de l’Internet
Internet ? Nique sa mère, c’est devenu un grand marché
Marché où pour marcher il faut te prostituer, commercialiser
Alors on fait commerce, on joue on écrit on modère on publie
On publie devant des pigeons qui likent follow et oublient
Dans l’oubli se perdent nos cinq minutes de gloire
La gloire ? Jusqu’à ce qu’on te place devant un miroir
Un miroir sans teint, de l’autre côté les GAFAM
Font office d’officiers et te volent jusqu’à ton âme
Et leur âme ? Lamentable, ça ne parle que de profit
Profit partout, éthique nulle part, tu n’es qu’un profil
Profit d’un dépressif qui veut se reprendre en main
Main sur le smartphone, opération coup de poing
En espérant mettre le point final à ta cyberdépendance
Mais ta dépendance affective reprend le dessus
Et tu finis déçu du monde réel deux point zéro
Zéro ? Zéro de conduite, encore des infos de partout
Partout des mauvais ondes, jusque dans les plus petites particules
Particules particulières qui pour crier écrivent en majuscules
Majuscules si minuscules mais qui te donne des illusions
L’illusion d’êrre le souverain de ton univers à l’abandon
Abandonnés, as-t’on besoin d’un gouvernement pour être enculés ?
Enculé une deuxième fois, parce que personne ne veut te calculer
Calculer parce que je suis un HPI calculateur prodige
Prodige de quoi ? Je prodigue ma rage dans mes lignes
Des lignes percutantes que je vomis sans savoir où je vais
Je vais nulle part, j’ai pas appris à prédire le futur
Le futur ? Si on ne fait rien il est sûr qu’il sera pire
De pire en pire, comme les informations qu’on s’envoie
Comme on envoie des punchlines sur des réseaux sociaux
Réseaux antisociaux qui font office de nouveaux champs de bataille
Bataille de rue derrière tes murs quand la mort est derrière toi
Derrière toi il n’y a rien que des informations que tu ne veux pas voir
Voir l’invisible, prédire le futur, savoir qu’il se jouera aux ordures
Ordures, c’est pas un adjectif péjoratif pour désigner l’humain
L’être humain est capable du meilleur comme du plus inhumain
Inhumain parce que je n’ai aucune histoire dans le répertoire
Et ne parle pas d’argent, tu finiras comme les autres sur le trottoir
Jeté là comme les autres autistes en perfectocratie pas si parfaite
Artistes rêvant d’argent avant le burn-out flirtent avec les insectes
Je te parle pas de coccinelles mais de trucs infects genre des cafards
Mais les cafards sont résistants, ils peuvent faire plier les smicards
Alors garde un oeil ouvert, chez nous les informations se vendent cher
Le sommeil se fait rare et le bonheur est maintenant en vente aux enchères
Ne te plains pas, hier ce n’était rien de plus qu’une statistique
Tant mieux ou tant pis j’en sais rien, vivre c’est être non statique
Bras de fer éternel avec ton subconscient, que faut-il faire
Que dois-tu penser, as-tu une mission à accomplir sur cette Terre ?

Faudrait arrêter de chercher à tout comprendre, qu’ils me disent
Brique par brique chacun bâtit son empire façon Tour de Pise
Il paraît qu’il faut rester capable de prendre des décisions
J’ai commencé à m’injecter de nouvelles informations
Tout le monde veut refaire le monde mais le monde est un Enfer
Enfer, en fait l’Enfer c’est le second nom à donner à cette Terre
Enterre-moi mon mal d’amour, les vautours guettent en haut des tours
La moindre erreur ne pardonne pas et te guillotine sans détour
Des tours, des tours de magie, on en connaît plein pour se faire oublier
Pour jouer les aveugles quand devant toi une fille se fait violer
Et que t’as peur de bouger ton cul sous peine de te faire vitrioler
Le danger est partout, que veux-tu faire ? On apprend à vivre avec
Avec des si et avec des textes on peut refaire n’importe quoi
Combien de fois j’aurais voulu être normal si j’en avais le choix
Au moins j’arrêterai de me poser des questions inutiles
A chaque fois qu’un quartier brûle et engendre des tweets puériles
La haine, tout le monde en a marre mais tout le monde en a à en donner
On cherche à s’en débarrasser mais on oublie la vertu de pardonner
Combien de fois dans mon salon j’ai voulu me retrouver en randonnée
Au lieu de tourner en rond et de compter les heures
Heures que je m’efforce à couler en jouant à des clickers
J’en peux plus, faut que je sorte, je deviens vraiment taré
Mais chaque tentative de changer cette chienne de vie se solde en raté
Encore raté, mais « soldes » est la seule information qui parle à la cervelle
J’ai beau éteindre les écrans et me couper le monde virtuel
Je suis encore en overdose d’informations, mon cerveau est un bordel
Je parle pas de désordre mais d’un endroit où ça baise sans retenue
De la retenue, j’en ai pas dans mes mots, mes maux sont revenus
Des revenus, les seuls que je touche viennent de ceux que je déteste
Déteste-moi ou teste-moi mais surtout ne me tend pas la patte
Je mène une guerre que je dois combattre seul, coups de savate
Je ne vois même pas pourquoi je devais envoyer du sperme dans une ovule
Un enfant de plus c’est un profit de plus pour ceux qui t’enculent
Jamais ils ne te calculent, on veut un monde meilleur
Meilleur que quoi on n’en sait rien, alors où sont nos erreurs
Moi, mon éco-anxieté et ma putain de Weltschmerz on survit on va sévir
On a grandi ensemble, qui sait si le monde nous verra vieillir
Dans le fond est-ce que ça serait mieux qu’un volcan nous mette sur eject
Et donne naissance à une nouvelle ère, celle des cafards et des insectes
Je me demande ce qu’il y a après la vie et si on revient sur terre ou ailleurs
L’univers est infini mais on dirait que c’est aussi le cas pour nos erreurs
Harcèlement scolaire, harcèlement tout court, attouchements sexuels
Corruption, menaces de mort, un coup de couteau en trop, un coup de pelle
Quelques gouttes d’arsenic, un mouchoir rempli de chloroforme
Un attentat de trop, un crime contre l’humanité réveille d’anciens fantômes
Les esprits tu y crois ou tu y crois pas mais ils sont partout ils sont déçus
De nous, et ironiquement le fait qu’ils soient partout les rendent inaperçus
Ira-t’on au Paradis ou en Enfer ? On ira là où on aura de quoi survivre
L’espoir fait vivre mais c’est l’argent qui nous permet d’acheter nos vivres
Quelque part dans le monde un jeune se suicide, il laisse derrière lui une lettre
Il pense changer le monde avec ces lignes de sang qu’il vomit de tout son être
Mais nous sommes arrivés à une époque où cette scène est devenue trop banale
L’espèce humaine est de moins en moins humaine et de plus en plus vénale
La seule chose qui compte c’est de prouver qu’on en a dans le pantalon
Les poings d’étrangers dans la gueule ne voyageront jamais jusque dans ton salon
Encore des informations, j’en ai marre, et pourtant ce texte en est rempli
Je pense que le temps est venu pour moi de baisser la tête et de crier repli
De toute façon le monde est périmé, il l’est depuis que je suis au lycée
Triste adolescence dans lequel j’ai compris que mon destin était vissé
Sur un cercueil qu’on a vendu aux multinationales chasseurs de têtes
Et qui ne veulent pas savoir quels adjectifs j’utilise pour les qualifier
Adjectifs qualificatifs pas très qualitatifs pour chasseurs d’effectifs
Tes objectifs ne sont pas mes objectifs alors t’étonnes pas si je suis dépressif
Je fais avec ce que j’ai, je vais pas non plus me laisser couler
Alors laisse couler, je comprends rien je suis un boulet et je vais me saouler.

© Hefka

Published inEncre noire

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